Entre Dieu et moi, c’est fini – Katarina Mazetti

4ème de couverture
Linnea a seize ans, plein de complexes, et pas mal de questions qui lui trottent dans la tête. La seule qui la comprenait, c’était Pia. Sa meilleure amie, son amie pour la vie. Enfin, pour cent vingt jours, « sans compter les week-ends », Linnea a fait le calcul une fois. Maintenant que Pia est morte.
Avec Pia, elle pouvait parler de tout : de l’amour, de la mode, de Markus, le beau gosse dont toutes les filles rêvent, de son père qu’elle voit deux fois par an, de sa mère qui a une liaison tumultueuse. Et même de Dieu. Seulement voilà, Pia n’est plus là. Alors, pour ne pas se laisser aller à la tristesse ou à la colère, Linnea se souvient…

Entre Dieu et moi, c’est fini

Plongeon dans la vie de Linnea, une vie d’adolescente qui n’a rien de commun. Qu’il s’agisse de ses relations avec ses parents, avec son petit-frère, ou avec ses camarades d’école, Linnea ne fait rien comme les autres, et c’est ce qui la rapproche de Pia. L’amitié qui naît entre les deux jeunes filles s’apparente à un coup de foudre. Une relation originale, mystérieuse, passionnelle, mais surtout, fusionnelle. Un univers décalé, pétillant et surprenant dans lequel nous emmène Katarina Mazetti. Sa plume est directe, incisive, et spontanée

« Quel cours vas-tu choisir en première ? » lui ai-je demandé, histoire de la titiller un peu. « Enfin, qu’est-ce que tu vas faire plus tard dans ta vie ? »
Pia réfléchissait, les poings pressés contre son front.
« Plombier, option latin », a été le résultat de ses réflexions. 

Tout au long de ce roman, Linnea se remémore les moments passés avec Pia. Des discussions de filles, bien sûr, mais aussi des discussions sur des sujets moins faciles : l’amour, Dieu, la religion, et la mort, inévitablement.

« Est-ce qu’on cesse brusquement d’aimer un petit ami, un mari ou un chien juste parce que tout à coup il n’est plus là ? Est-ce qu’une amitié s’arrête quand un des deux amis meurt, s’éteint tout simplement comme quand on écrase une cigarette ? »

Les sujets abordés renvoie à nos propres questionnements, à notre vécu : comment faire face au décès d’une personne aimée ? Et lorsqu’on n’a pas de lien de parenté avec cette personne, que devient-on ? Quels mots pour décrire ce qu’on l’on vit ?

« On n’a pas de statut quand on perd un ami ! Si ton ami meurt, tu deviens veuve, une veuve vêtue de noir et les gens baissent la voix en ta présence pendant des années. Si c’est ton meilleur ami qui meurt, les gens te demandent après quelque temps pourquoi tu broies encore du noir. »

Alors, la solution qu’a trouvée Linnea, c’est de s’exprimer. Raconter, décortiquer, retracer, expliquer. Pour se souvenir.

« Pour pouvoir oublier quelque chose, il fallait d’abord bien s’en souvenir. »

Un livre d’espoir, en somme ; qui montre la voix pour retrouver le sourire, malgré un événement si douloureux.


Katarina Mazetti, Entre Dieu et moi, c’est fini, Gaïa, Larbey, 2011. 
Roman traduit du suédois par Max Stadler et Lucile Clauss.


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