Au Bonheur des ogres – Daniel Pennac

Hop là, immersion totale dans un univers. On y plonge complètement, s’attachant aux personnages. A Benjamin, d’abord, héros décalé, aux émotions sincères et entières, décortiquées et retranscrites mot pour mot ; à Clara, la si douce petite sœur, qui voit, derrière son objectif, ce que personne ne voit ; à Thérèse, qui porte en elle toute la frustration d’un monde ultra-rationnel ; à Louna, qui ne sait qu’aimer démesurément ; à Jérémy, l’adolescent râleur qui reste malgré tout le petit frère adorable ; au Petit, qui redonne le sourire lorsqu’il n’y a plus que l’insouciance de l’enfance pour oublier le tragique du réel ; et à Tante Julia, ah Tante Julia…

A eux tous, ils forment une famille. Pas de mère, trop de pères éparpillés. Une fratrie. Les Mallaussène. Une famille atypique, où les codes traditionnels volent en éclat les uns après les autres. Et pourtant, c’est bien une atmosphère de bonheur qui en ressort : les émotions à vif, les émotions vraies.

Daniel Pennac nous fait vivre la vie de Benjamin Malaussène et de sa tribu telle que ce héros de la vie quotidienne la vit. Intrépide, surprenante, chamboulante, déconcertante.

Dans ce bancal équilibre qu’est la vie, des bombes explosent. Sous les yeux de Benjamin. Coïncidence ? Tout semble s’accorder pour accuser le clan Malaussène pourtant. L’ainé de la fratrie n’a donc pas le choix : chercher pourquoi, comment et qui est à l’origine de ces faits.

Impertinent, rocambolesque, et drôle, ce roman est une jolie fantaisie, une parenthèse entre le réel et l’imaginaire, où justement, la fiction se mêle à la réalité.

« Si vous voulez vraiment rêver, réveillez-vous…  »

Véritable mise en abyme littéraire, ce roman se lit d’une traite. Il m’a donné le sourire dès les premières lignes, et je ne l’ai pas quitté jusqu’à avoir tourné la dernière page.

Cinq autres romans attendent dans ma bibliothèque et je n’ai qu’une hâte : les dévorer pour connaître la suite des aventures de la saga Malaussène !


Daniel Pennac, Au Bonheur des ogres, Gallimard, 1972, 286 pages.


 

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